Frédéric Roche :
Rimailleur
Difficile de décrire un homme secret, qui couche ses mots à l'encre et à la plume sur le papier, tellement discret que ses amis ignorent qu'il écrit.
Alors laissons parler Alphose Daudet, et appelons le "Un conseiller municipal aux champs".
Siégeant au conseil municipal de Saint-Geniez depuis 1989, où il ne s'est pas fait que des amis en disant assez haut ce qu'il pense et en croyant que l'amitié ne se trompe pas, Frédéric Roche échappe à la déception de l'ingratitude ressentie par l'écriture.
Rejetant l'appelation de Poète, jugeant que ce mot ne doit s'appliquer qu'aux Verlaine, Musset, Baudelaire, Samain, Lorca, Brel et autres Hugo, il préfère cheminer au milieu des rimailleurs qui ne se prennent pas au sérieux.
Cependant, le 26 Janvier 2006, il recevait le "grand prix de Poésie de la ville d'Aix en Provence" pour l'année 2005. Après quarante ans d'écriture et quelques prix, on estimait qu'il n'était pas si mauvais que ça.
Principaux prix obtenus:
1979 - 2° prix de poésie Ville de Nice (Alliance Française)
1982 - 3° prix de poésie Ville de Nice (Alliance Française)
1984 - 1° prix de la nouvelle - concours littéraire des Armées
1984 - 1° prix néoclassique des poètes et artistes de France
1990 - 1° prix ne poésie - concours littéraire des Armées
1998 - prix "Théodore de Banville", "Garcia Lorca", "Frederi" aux prix de la Vallée de l'Huveaune
Prix de poésie de la ville d'Aix en Provence
Poésie néoclassique
Rêve d'Apocalypse
Au soir ils sont venus; alors qu'un aigre vent
Martyrisait le causse, étrillait sa misère,
Trois sombre cavaliers, immobiles, devant
Le seuil de ma maison en pierres de Lozère.
J'ai rompu mon pain bis, j'ai débouché mon vin,
Bouteille empoussiérée des noces, du baptême;
Celui qu'on espérait et qui jamais ne vint...
Ici on ne naît plus.... Plus personne ne s'aime.
Sur le causse il n'y a plus personne à aimer
Et lorsqu'elle m'a fui je n'ai rien gardé d'elle...
... Et puis le chien est mort, je devais l'enfermer
Il grognait aux mollets des fous de Compostelle...
... Et autres coquillards... Il la voyait partout,
Il scrutait l'horizon, il inventait une ombre,
Il hurlait, il courait, il était comme fou...
Qui me dira de quoi le coeur d'un chien s'encombre?
Et puis le chien est mort, il me restait le vent,
Mais le vent ce n'est rien que du mauvais, il coupe,
Le temps, les souvenirs et le coeur trop souvent
En se gaussant de vous... Les trois lapaient ma soupe...
... Et je les observai, collés contre le mur...
Et ma vue se brouilla, mes pauvres mains tremblèrent...
L'un n'était qu'un enfant, l'autre était d'âge mûr,
Le troisième un vieillard, mais tous semblaient mes frères...
Et le vieux grommela: "Prends ta rosse et suis-nous".
Je rétorquai: "Seigneur! Mais je ne suis qu'un pâtre,
Sans troupeaux et sans chien, sans force et à genoux".
Il dit: "Jean a voulu que l'on nous compte quatre!"
Frédéric Roche